Dans un mémorandum reprenant 15 lignes de force, la FEBIAC demande aux partis politiques d'œuvrer pour une société mobile, sûre et écologique. Nous nous attardons ici sur les principales questions environnementales.
Luc Bontemps, directeur de la FEBIAC, plaide pour une fiscalité automobile qui tienne compte de la norme EURO et du rejet de CO2 de chaque voiture.
Commençons par la bonne nouvelle. La FEBIAC ouvre son mémorandum en constatant que le trafic routier est globalement devenu plus propre et plus sûr. La fédération note également une inversion de la tendance dans le domaine du CO2. En l'espace d'un an, les voitures neuves vendues sont devenues 3,3 % plus économes. Année après année, les efforts constants de tous les intervenants concernés (industries, pouvoirs publics, gestionnaires de voiries et citoyens) permettent de réduire de manière significative les émissions de CO2, estime la FEBIAC.
Mais la FEBIAC demande spécifiquement aux pouvoirs publics de mettre en place une politique axée sur deux priorités : d'une part une politique permettant de retirer plus rapidement de la circulation les véhicules plus anciens et plus polluants, et de l'autre une politique volontariste accélérant la mise en œuvre des nouvelles technologies sur nos véhicules.
Fiscalité automobile
L'écologisation de la fiscalité automobile est un des instruments qui doit permettre d'y parvenir. La FEBIAC dénonce depuis longtemps le fait que la fiscalité actuelle sur les nouvelles voitures (TMC) récompense les plus gros pollueurs. La taxe de circulation diminue en effet avec l'âge du véhicule. De plus, la FEBIAC constate que, sur les 5 millions de véhicules qui circulent dans notre pays, 1 million ne satisfait qu'à la norme Euro 0 ou Euro 1. Autant de raisons, selon la FEBIAC, pour remplacer la TMC et la taxe de circulation annuelle par une écotaxe annuelle qui tienne compte des normes EURO les plus récentes et des émissions de CO2 de chaque véhicule.
Taxe au kilomètre
Selon le principe de « l'utilisateur-payeur », la FEBIAC souhaite à terme le passage à une redevance intelligente au kilomètre. Aujourd'hui en effet, le conducteur qui circule en dehors des heures de pointe par exemple paie plus que les coûts qu'il occasionne (via les diverses taxes automobiles et accises sur les carburants). La FEBIAC estime que l'on pourrait parvenir à un prix plus juste en recourant à un système intelligent et précis de redevance au kilomètre.
Un système de ce type comptabilise pour chaque véhicule un prix par kilomètre parcouru, qui varie en fonction de l'heure et de l'endroit, et qui tient compte de la norme EURO et des émissions de CO2 du véhicule. La FEBIAC estime que ce système doit favoriser un usage plus réfléchi et plus rationnel de la voiture. Ainsi, circuler dans les régions rurales et en dehors des heures de pointe reviendra moins cher. Mais il sera plus onéreux de se déplacer en zone urbaine et aux heures de pointe.
La FEBIAC lie cependant une série de conditions à l'introduction de cette redevance au kilomètre. C'est ainsi que son introduction doit se faire au moins à l'échelon national et sur tout le réseau routier. En outre, l'introduction d'une redevance kilométrique doit être compensée par la réduction des taxes automobiles et des accises sur le carburant. Les recettes de la redevance au kilomètre devront être affectées à un fonds des routes qui garantira la qualité et la sécurité du réseau routier.
En Flandre, seule la redevance kilométrique pour les camions a actuellement été envisagée. Entre-temps, le ministre-président Kris Peeters – s'inspirant de l'exemple néerlandais – a décidé d'ajourner l'introduction de cette taxe au kilomètre pour les camions. Le Bond Beter Leefmilieu a fait part de sa déception, estimant que la Flandre ne doit absolument pas emboîter le pas aux Pays-Bas. « Nous pourrions aussi bien adopter l'exemple de l'Allemagne, où les camions paient une taxe au kilomètre depuis plusieurs années déjà », observe Bram Claeys, du BBL, qui ajoute que cette taxe pour les voitures est plus que nécessaire. Une étude réalisée par TM Leuven indique en effet qu'une redevance au kilomètre qui ne concernerait que les camions aurait un effet négligeable sur les embouteillages et la qualité de l'air. L'espace libéré sur nos routes serait en effet engorgé par les voitures, estime l'étude. Le BBL suggère également de rendre le système de redevance au kilomètre compatible avec les autres régions du pays et avec les pays limitrophes.
Un transport de fret plus écologique
Dans notre pays, 95 % des entreprises ne se situent pas le long d'un chemin de fer ou de l'eau. C'est pourquoi la FEBIAC plaide, dans son mémorandum, pour la création de terminaux multimodaux. Cela permettrait de stimuler le transport sur de longues distances en trains et bateaux, ainsi que les liaisons ferroviaires entre les grandes zones urbaines et économiques.
Dans cette optique, la FEBIAC est partisane de la mise en œuvre d'éco-combis modulaires desservant les portes économiques du pays. « L'expérience emmagasinée en Scandinavie et aux Pays-Bas avec ce type de véhicules indique une diminution de 10 à 15 % du nombre de trajets et du kilométrage parcouru sans augmentation des risques en matière de sécurité », observe la FEBIAC.
Stijn PHLIX
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