La conférence annuelle du secteur européen de l'énergie éolienne s'est récemment tenue à Bruxelles. La question essentielle posée lors de cette conférence était de voir dans quelle mesure l'énergie éolienne pouvait contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Au cours de ces 10 dernières années, l'industrie éolienne européenne a connu une grande expansion. En 1997, la capacité européenne globale était en effet encore de 4800 MW alors qu'elle est passée en 2007 à 56.500 MW. Les deux tiers de la capacité mondiale en turbines éoliennes sont par ailleurs implantés en Europe. Selon l'Union Européenne, l'énergie éolienne est celle qui, de toutes les sources d'énergie verte, s'avère la plus prometteuse. En janvier dernier, la Commission a spécifié dans le cadre d'une directive que la part d'énergie verte liée à la production d'électricité devait passer d'ici 2020 de 15 à 34%, que 12 de ces 34% devaient provenir de l'énergie éolienne et qu'un tiers de ces 12% devait à son tour être fourni par des parcs d'éoliennes offshore. Cette directive s'inscrit dans le cadre du plan visant à générer, d'ici 2020, 20% de toute l'énergie à partir de sources vertes renouvelables. Il s'agit carrément là de chiffres multipliés par deux par rapport à la situation actuelle. Les 27 Etats-membres ne devront par contre pas tous fournir les mêmes efforts. La Suède devra tirer 49% de toute son énergie de sources vertes alors que la Belgique pourra se contenter d'une part de 13%. Le Commissaire Européen à l'Energie, A. Piebalgs, a pour sa part souligné les avantages économiques liés au développement de l'énergie éolienne. La réduction de la dépendance européenne et celle des émissions de CO2 semblent évidentes. A. Piebalgs a par contre aussi estimé que les 150 milliards d'euros devant être investis dans l'énergie éolienne feront augmenter l'emploi dans ce secteur de 150.000 à 368.000 salariés et ce, sans tenir compte des possibilités liées à l'exportation. Huit des dix plus grands producteurs de turbines éoliennes sont en effet des sociétés européennes. Globalement, les entreprises européennes représentent aussi 72% du marché mondial. Citons, parmi les plus connus, la société danoise Vestas, qui fait figure de leader de marché, l'entreprise allemande Enercon qui détient près de la moitié du marché national et l'entreprise Repower, également allemande, qui vient d'être rachetée par la société indienne Suzlon. Dans les années à venir, la concurrence en provenance d'Inde et de Chine ne fera par ailleurs qu'augmenter. Le Commissaire à la Science et à la Recherche, J. Potocnik, a par conséquent estimé lors de cette conférence que l'Europe allait devoir consentir de sérieux efforts pour conserver sa position de leader du marché.
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Le rendement, la fiabilité et la facilité d'entretien des turbines éoliennes ne sont pas encore optimaux. Ce sont surtout les pièces mécaniques telles que le rotor, la boîte à engrenages et le générateur qui sont sujets à usure. La tendance actuelle aux parcs d'éoliennes offshore favorise l'agrandissement d'échelle des éoliennes, ce qui risque encore d'accroître les défis techniques. Bon nombre des discussions menées lors de la conférence EWEC portaient toutefois sur la question de savoir comment les entreprises d'énergie éolienne pouvaient placer sans contrainte leur électricité sur le réseau haute tension. Les gestionnaires de réseau estiment en effet que l'énergie éolienne n'est pas assez fiable et ils ne sont donc pas enclins à payer le prix plein pour en bénéficier. Dans de nombreux pays, on ne compte pas davantage sur l'alimentation en électricité provenant de l'énergie éolienne. Dans sa directive, la Commission Européenne demande une augmentation de la capacité de transmission, des tarifs transparents et non-discriminatoires ainsi qu'un traitement privilégié du courant vert en matière d'accès au réseau.
Edward ADRIAENSENS
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